Après avoir découvert sur scène le rock instrumental de L’effondras, Pierre Lejeune et Nicolas Bernollin, deux membres du trio, ont accepté de nous accorder un rapide interview au bord du canal.

Pour commencer, j’aimerais que l’on parle de votre scénographie. Je voudrais savoir si c’est votre volonté de travailler avec une lumière statique, une scénographie minimale composée de néons, qui vous encadrent et qui permettent de se concentrer exclusivement sur vous.

Ce qui est marrant, c’est que dans le groupe, nous sommes deux éclairagistes. Très souvent, dans les concerts, on voit de la lumière qui tourne de partout, parfois hors propos par rapport à ce qu’il se passe sur scène. Du coup on a voulu parer à ça et proposer quelque chose de vraiment fixe, créer notre bulle. Ce qui est super bien c’est qu’on peut jouer dans des squats, des bars, des grandes salles, n’importe où, on garde nos repères avec les quatre néons. Dans les grandes salles, quand on peut se le permettre, on afine un petit peu, par exemple là (dans la salle du 22), on a mis un tout petit peu de face pour dégager un peu les visages pour qu’on nous voit un petit peu et cinq faisceaux au dessus pour l’aspect purement visuel. En tout cas c’est une vraie volonté de créer un truc très simple, très brut.

 

 

D’où vous vient le choix de faire uniquement de l’instrumental?

Très naturellement. On a commencé à composer en boeuffant, on a pensé au chant, c’est revenu plusieurs fois sur le tapis, et on a pas réussi ou eu envie de l’incorporer, parce que c’était hors propos par rapport au moment. En tout cas on ne s’est pas dit « on va faire de l’instrumental », d’ailleurs le chant reste une option encore aujourd’hui, du moins ce n’est pas quelque chose qu’on s’interdit. Si dans un nouvel album on veut mettre du chant, des vocalises ou n’importe quoi, on le fera.
Du coup est ce que vous pensez vous inscrire dans cette nouvelle scène française liée au rock instrumental?

E:C’est marrant parce qu’on nous a posé la question tout à l’heure, concernant la scène rock purement instrumentale, on a certainement croisé des groupes mais la comme ça, j’en ai aucun qui me vient en tête. Ça ne nous dérangerait pas du tout de s’inscrire la dedans, mais on a du mal à classifier les groupes en fonction de la présence du chant ou non.

 

Pour revenir sur l’aspect visuel du projet, vous avez un clip de 30 min qui va sortir, est ce que ce clip va réunir plusieurs morceaux, et qu’est ce que vous pouvez nous dire à ce sujet?

Ce sera un seul morceau de 25 min environ, du coup ça va être un court métrage, réalisé par une boite de prod appelée Charlie bus , la réalisatrice s’appelle Charlène Favier. Ils avaient toute leur équipe sur le projet du clip, et c’est en ce moment en post production, en montage. Ça a été tourné dans le Bugey au bord d’un lac.

 

On aimerait savoir si sur votre album, qui vient de sortir, vous composez tous ensemble ou si vous travaillez un peu chacun de votre côté avant de tout mettre en commun.

C’est un vrai travail de groupe, j’emmène la matière première (Pierre Lejeune), ou Pedro, le gratteux qui n’est pas là, ensuite on boeuf, on improvise pendant longtemps, et vraiment c’est un travail de groupe. Nicolas (batterie) va plus gérer la structure, moi plus la matière première en gros. En fait on part d’un riff, on improvise dessus pendant un temps et les premières versions des morceaux vont faire 20-25 minutes – même si le morceaux sont longs (10-15 min) – et à partir de là on taille dedans, on élague et on essaye de garder l’essence du truc. Du coup effectivement ça fait des morceaux longs, mais ils le sont encore plus à la base. Encore une fois, c’est vraiment né de l’improvisation, et personne n’est jamais arrivé avec un morceau en disant « tiens on va jouer ça ». Il arrive que les deux guitaristes se voient pour des questions harmoniques mais sinon on fait tout ensemble.

 

Pour finir on voudrait savoir comment a été enregistré cet album, dans quelles conditions?

Alors il a été enregistré dans les Cévennes, dans une maison de vacances, pas du tout en studio pour le coup, une vieille maison en pierre dans un hameau paumé. Le premier village devait être à au moins dix bornes, on était vraiment peinards et du coup on a profité de ce cadre pour enregistrer la nature autour de nous. On parlait du chant tout à l’heure, il s’est transformé petit à petit, en s’isolant dans cette baraque. On voulait capter tout les sons de l’environnement du studio, que ce soit la nature ou dans la maison elle même. Et du coup on a enregistré pas mal de choses, qu’on a réincorporé dans l’album, on entend des sons de la nature, deux ou trois sons d’oiseaux, de métal des fois, pour ramener une ambiance. Ce travail de recherche était super chouette. On a pas mis de la voix parce qu’on a pas été inspiré pour en faire mais à la place on a ces sons.

 

Projet rock définitivement planant, L’Effondras ne nous ont pas laissé indifférentes. Ils seront sur scène le 11 Mai au Trabendo à Paris et à défaut de pouvoir les voir là bas nous attendons les prochaines dates lyonnaises avec impatience.

 

Lucie & Marie