Cluses, L’Atelier, le 29/01/2016, premier soir des auditions Rhône-Alpes des Inouïs du Printemps de Bourges 2016.

J’ arrive à la salle de Cluses à 18h. Je croise Holy Two presque tout de suite, on a du retard sur l’interview, ils me disent qu’on peut la faire de suite si je veux bien. Allez ! Pourtant les serveurs viennent d’amener petits fours et gourmandises à toute la ribambelle de professionnels présente. Mais bon, Holy Two aura le temps d’aller voir les pros. Ils jouent dans 3 heures et c’est à moi qu’Elodie et Hadrien accordent leur temps.
On arrive dans leur loge, direction le canapé.

Depuis sa formation en duo en 2014, Holy Two monte dans la sphère musicale en France : un Ep éponyme de neuf titres, lauréats Inrocks Lab 2014, finalistes au Prix Ricard S.A Music 2014. En 2015, ils rejoignent le Label Cold Fame Records avec Last Train (gagnants des Inouïs 2015). Leur nouvel Ep, « A Lover’s Complaint », est sorti il y a quelques mois et des premières parties plutôt stylées leur ont été offertes avec The Do et Jeanne Added notamment.

Aujourd’hui le groupe lyonnais s’attaque au plus printanier des festivals de musique en France. C’est la pluie berruyère qui les attire ? Holy Two a vécu le parcours, depuis la victoire de leurs camarades de Last Train. « On a l’impression que les Inouïs servent à professionnaliser les groupes. C’est dans notre lignée, on est prêts, notre voie de développement s’y prête ». Le groupe entend également, par « professionnaliser », l’accompagnement par le tremplin en vue de ces auditions : rencontre avec les pros, travail scénique… Ils rapportent l’avantage unique de tout cet accompagnement mis en place par le tremplin et TagadaTsoinTsoin : « Quelque soit le résultat pour nous vis à vis des Inouïs, tu as toujours l’avantage d’avoir été en relation et de travailler sur ton art avec des pros […] Ce qui est très différent d’autres tremplins ».
Leur finalité serait d’arriver en phases finales mais ils reconnaissent que le fait de jouer en présélection est déjà énorme. La finale serait selon Elodie « l’apogée de la joie ».

Quand on parle des autres groupes, qui comme eux ont été sélectionnés en Rhône-Alpes, ils reconnaissent que tous mériteraient de se présenter à Bourges étant donné le niveau de chacun : « Ils sont tous bons dans leur style ». Ils évoquent notamment Sin Tiempo (« Aime beaucoup ») et Entourloop (« C’est hyper bien foutu même si c’est pas notre style »).
Quand je leur retourne la question pour savoir s’ils méritent leur place, plus que d’autres, à jouer devant les pros des Inouïs : « Ce qui jouerait en notre faveur c’est qu’on est assez singuliers. On ne rentre pas dans une catégorie précise. On peut très bien être sélectionnés en Pop, électro, voire même Hip-Hop avec certains morceaux. On a une identité musicale plus difficile à cerner. On a aussi beaucoup travaillé à proposer un vrai show sur scène, très différent de ce qu’il se passe en studio.

En ayant vu le concert plus tard dans la soirée, c’est vrai qu’Holy Two a largement progressé depuis leurs débuts et offre un show bien maîtrisé. S’étant entouré d’un batteur, d’un ingénieur lumière et de toute une équipe, le groupe avoue pouvoir mieux travailler leur musique maintenant que chacun a un poste bien précis. J’ai été cependant déconcerté, quand j’ai entendu un de leur morceaux que j’apprécie le plus, « La Tal », devenu sur scène bien plus pop qu’à l’origine. Mais agréablement surpris aussi de voir ce groupe, que j’apprécie (le mot est faible, en fait) depuis le presque début, hypnotiser un public qui a lâché sa bière pour écouter quoi ? De la musique, un point c’est tout.

Lois EME