Cluses, L’Atelier, le 29/01/2016, premier soir des auditions Rhône-Alpes des Inouïs du Printemps de Bourges 2016.

J’ai rendez-vous avec L’Entourloop pour une petite dizaine de minutes seulement, car ces messieurs, à première vue pas du genre trop coquets ou à la pointe de la mode, doivent passer par la case maquillage avant de rentrer en scène. Soit.

Je les découvrirai plus tard en concert, totalement métamorphosés, sous les traits vraiment très réussis de deux vieillards à la forme insolente et à l’œil pétillant. On est carrément dans la case Make-up FX sur ce coup là.
Entourloop veut faire de cette prestation une expérience dont on se souvient, et le premier effet fonctionne plutôt bien !

Composé à la base de Dee’jo et The Artictect, deux DJ’s / beatmakers, le projet a vu le jour il y a quatre ans, sous la forme de remixes diffusés sur le web, mélangeant deux styles pas si éloignés que sont le hip-hop et le reggae. La formule plait et le nombre d’écoutes croît en conséquence. Très vite, les ambitions aussi, et le collectif se met à bosser sur un set live, avec à ce jour déjà près de 200 dates en deux ans !

Au final, les deux frenchies habilement ridés voient plus grand et s’entourent de tout ce qui peut composer leur univers. Le sample laisse la place à un trompettiste qui vient souffler ses mélodies jazz, et les acapellas insinués habituellement sur de vieux vinyles sortent directement de la bouche de Troy, qui les accompagne sur cette date. Chez L’Entourloop, on aime entreprendre les collaborations tous azimuts, faire parler les talents et accroître la richesse de la prestation.

Au final c’est un medley vivant et entrainant qui nous parvient, caractériel plein de maturité, pour ces amoureux du style, qui n’hésitent pas à nous délecter en saupoudrant le tout de phases jazz ou soul. Ajoutez à cela un réel talent de scratcheur, des parenthèses à base de dialogues de films (français, bien évidemment !) et même du VJing, et vous obtenez un show riche et dynamique.

L’Entourloop a pratiqué le Bourges version off, mais pour eux, cette « grosse machine », malgré son côté usine, reste l’un des principaux rouages pour passer des caps en France et dispose d’une « programmation de dingue ». Il ne tient qu’à eux de passer dans le In, et de jouer la course à la propose face au nombre toujours croissant de groupes, avec pour principal atout leur rétro-son actualisé et leur mise en scène moderne. Peut-être y croiseront-ils le groupe Holy Two, leur coup de cœur sonore de ces sélections.

Le message aux fans et aux curieux est lancé : « Rendez-vous à Bourges en Avril ! »

Aymeric DUMOULIN