Cluses, L’Atelier, le 29/01/2016, premier soir des auditions Rhône-Alpes pour les Inouïs du Printemps de Bourges 2016.A peine sorti de scène, sa pause clope syndicale terminée, me voici en tête à tête avec Phazz, 24 ans, dont le projet a débuté il y a 3 ans.

La musique, quant à elle, il l’a rencontrée en tant que jeune pianiste de 4 ans, et ne la quittera plus ensuite. Après un diplôme de conservatoire classique, il en arrive vite à la conclusion qu’il sait certes jouer la musique, « l’interpréter », mais ressent une énorme frustration quant au fait de sortir de sa zone de confort et « d’improviser ». La solution est toute trouvée, il file en jazz où il pourra revendiquer pleinement sa liberté d’expression.

Guitariste autodidacte, il est passé par la case ô combien formatrice des groupes de rock au lycée. C’est à partir de la fac qu’il décide de s’intéresser réellement à la discipline des machines et de l’électro, qu’il a quand même déjà bien débroussaillé depuis quelques années. Alors un jour, il s’achète un ordi et des enceintes de monitoring pour commencer à produire Son son. L’envie et le besoin l’emportent rapidement sur la curiosité, place à la Phazz (j’ai pas pu résister..) de recherche et de création. Un an plus tard, il se lance sous ce même nom.

Petite note au passage : il s’agit de la deuxième participation pour Phazz aux Inouïs. De ce fait, il appréhende beaucoup moins l’ambiance singulière qui se dégage de ces concerts. « Aux Inouïs, c’est principalement des pros de la musique. Pour les autres, ce sont des gens qui ne te connaissent pas et te découvrent. Il y a de tous les âges et ils ne sont pas tous bourrés, alors ça tape pas forcément dans les mains et c’est assez frileux : il faut s’y faire et essayer de les faire réagir ». Un nouveau challenge, donc, pour le beatmaker qui doit en quelque sorte composer avec un public d’opéra, dont l’expression pudique cache une oreille attentive, et qui n’oublie pas qu’il est d’abord là pour présenter son travail de manière efficace et compétitive. « Ca reste une expérience de scène très bizarre, tous les groupes te le diront ».

On l’aura compris, le côté pro et contact fait partie du « package » Bourges.
Il n’empêche que Phazz a juste envie de jouer sa musique, en Phazz (décidemment!) avec lui même, grand adorateur du pianiste Chick Corea, des Pink Floyd aux débuts pas encore trop tubuesques, des Daft punk ou encore des Strokes.

Pas mal comme cocktail de fin de soirée : en tous cas, à moi, il m’a fait de l’effet !

Aymeric DUMOULIN