Annemasse, Château Rouge, le 30/01/2016, second soir des auditions Rhône-Alpes pour les Inouïs du Printemps de Bourges 2016.Le temps d’une micro interview juste avant de rentrer sur scène, je rencontre Paco Del Rosso, alias SIN TIEMPO, le nom de sa nouvelle mouture scénique née en Janvier 2015 ; autant dire que ça date presque d’hier. Et pourtant le garçon n’a pas chômé : déjà deux EPs sortis en 2015, un troisième prévu pour Juin 2016, et surtout beaucoup de dates entre chaque.
Si la personne face à moi apparaît simple est détachée, c’est une toute autre histoire qui se joue sur scène. Ce projet solo se démarque par son côté très pop, sur fond de musique électro, à base de basses puissantes et profondes, agrémentées de rythmes percutants et d’envolées lyriques, parfois envoûtantes, parfois déchirantes, qui taillent les contours et peaufinent les angles. Pas si commun sur la scène électro actuelle, et c’est aussi ce qui peut en faire une force selon cette jeune pousse Lyonnaise, qui se voit faire son petit bout de chemin en avançant à grands pas.

Le brun ténébreux est donc seul face à son micro et à la foule, entouré de ses machines qu’il prendra la peine de torturer pendant près de 45 minutes, déployant talent et énergie en quantité plus que suffisante, et s’octroyant un face à face parfois très intime avec un public qui n’en demandait pas tant.

Sa première sélection aux Inouïs, il la voit comme un challenge personnel, pas un combat de gladiateurs prêts à s’entretuer à coups de gros sons. Se battre contre ou avec lui-même est déjà un objectif en soi, c’est en tous cas l’impression qui émane lorsqu’après la dernière note, qu’il crache gorge déployée et replié sur lui-même sur le devant la scène, il semble enfin libéré, satisfait d’avoir tout donné. « Il faut savoir y prendre du plaisir et garder sa bonne humeur ». Effectivement, un sourire apaisé apparaît sur ses lèvres au moment de saluer le public, mission accomplie. S’il passe cette étape, il validera son billet pour sa première visite de Bourges, où il n’a encore jamais mis les pieds. Idéale occasion pour un premier séjour.

Dans ses préférences du moment (et de la sélection) on retrouve Satellite Jockey, ou encore Holy two. Même si pour lui « rien n’est joué, car il y a pas mal de facteurs externes et internes qui rentrent en compte, à commencer par ce qu’il se passe dans le groupe à cet instant. On n’est pas tous dans la même dynamique ». La sienne est clairement mouvementée et sa phase de production intense. Ces Inouïs ne sont qu’une parenthèse dans un calendrier chargé.

Pour vous faire une idée par vous-même, rendez-vous au Transbordeur le 12 Mars prochain, à Lyon.

Aymeric DUMOULIN