Mercredi 19 Avril, début de notre périple au Festival du Printemps de Bourges.
Première interview : Rencontre avec SaraSara, Inouïs du Printemps de Bourges 2017.
Toute première date, à Bourges, pour Sarasara puisqu’elle n’a encore jamais joué en France avant cette date. Auparavant, Sarasara a eu la chance de développer son projet en Angleterre accompagnée par X Ray en tour et One Little Indian en label. Ce projet étant donc tout récent, nous sommes ravies de pouvoir en découvrir davantage.

N’ayant encore pas eu l’occasion de te voir en live, nos questions vont essentiellement se porter sur ton travail visuel, artistique.
Sur l’ensemble de tes clips, on remarque un travail artistique très recherché, dont une grande partie très tourné vers la danse. Pourquoi être partie dans cette direction artistique ?

J’ai travaillé avec des personnes différentes sur chaque vidéo et ça s’est imposé un peu naturellement à chaque fois. Puisque la première personne avec qui j’ai travaillé venait de la mode, du milieu gay. C’était dans le style du directeur et j’étais assez d’accord avec cet univers pour le clip « Supernova ». Du coup oui ça s’est imposé naturellement pour cette vidéo la. Après pour l’autre vidéo, on a travaillé avec une autre personne complètement différente, pour le coup, plutôt du cinéma. On avait cette idée de rituel. Et le directeur connaissait bien un groupe de danseuses. Du coup on s’est retrouvé à faire des chorégraphies. Et ça a donné cette vidéo la, où les danseuses illustrent cette idée de rituel.

Est ce que cet univers (chorégraphique) aura toujours cette place dans tes projets ?

 Alors c’est une question que l’on s’est posé. Pour l’instant, on a d’autres projets vidéos assez différents donc je pense pas que ça sera forcément continuité. C’était ponctuel, ça a bien marché. Mais on a d’autres surprises pour la suite qui sont autant visuelles et graphiques.

L’Art a donc une place très importante dans ton travail ?

Oui totalement. Par exemple, le prochain projet de clip ça sera une espèce de nature morte avec des animaux vivants.

Il y a aussi une grande place pour le mystique ? C’est l’impression qu’on a eu en regardant ton travail.

Oui oui, c’est quelque chose que j’aime bien, qui m’attire, la nature, la forêt, la reflexion sur soi, ce genre de chose.
Au final, c’est souvent tourné au mystique, dans le sens mystérieux, magie noire mais enfaite c’est pas vraiment ça c’est le côté magie naturelle, énergie naturelle. C’est plutôt dans ce sens là que je vais.

Dans le clip « Sun » les images sont tournées dans un cercle, d’où vient cette idée ?

J’ai vu un film, en 2016, « Lucifer » dans un cinéma indépendant dans lequel je vais toujours en Belgique. Et c’est un film qui dure trois heures et dans lequel toutes les images sont dans un rond. Et en faisant des recherches, j’ai découvert que le réalisateur a lui même inventé sa caméra, il explique que filmer dans un rond c’est illustrer la forme de la terre originelle avant l’intervention de l’homme et je trouvais ça vraiment intéressant. Du coup je lui ai envoyé ma chanson en lui expliquant ma démarche pour savoir si il serait possible de travailler ensemble. Il ne pouvait pas, malheureusement, diriger la vidéo. Par contre il m’a prêté le matériel pour qu’on puisse la réaliser. Les images sont à 360° dû au miroir en dôme que l’on utilise pour filmer. Tout le monde était super content du résultat.

Toujours sur ta démarche artistique, est ce que sur scène on retrouve cet aspect là ?

J’aime vraiment beaucoup le côté visuel, graphique et la mode aussi. J’ai un ami artiste qui créé beaucoup de choses. Il a commencé à me fabriquer un truc puis un autre truc. Un jour on lui a demandé de nous faire une fraise, parce que j’ai toujours rêver de porter une grosse fraise comme au 16e. Il récupère des objets abandonnés et leurs donne une seconde vie. Là c’était des tabliers de boucher qu’il a aussi utilisé pour créer mon armure. Sachant que je suis végétarienne, c’est un symbole.

Bien entourée du coup!
On en revient à l’Art en général, au niveau de tes inspirations, plus que de parler de tes inspirations musicales, quelles sont tes inspirations artistiques ?

 J’aime beaucoup l’Art classique, la peinture flamande etc. Je travaille avec un directeur artistique, qui a fait l’école des beaux arts et qui est très branché dans ce genre de choses aussi donc à chaque fois il se passe de belles choses.
J’aime bien la mode, les personnalités vraiment fortes, les designers qui sont pas vraiment dans le prêt à porter ou la couture classique, du genre MacQueen, ou l’oversize. Après j’ai repris des études en philosophie depuis quatre ans, ça a changé ma vie radicalement du jour au lendemain. Ça change complètement ta façon de penser, je suis devenue végétarienne, je fais de la méditation. Nietzsche et Montaigne sont les deux philosophes qui m’inspirent le plus.

Ce sont tes premières expositions en France, comment ça se fait ? Et comment tu vis ça ?

C’est bizarre. Déjà je suis contente d’avoir un peu d’exposition en France, j’espère que ça durera. Je pense qu’en France la scène n’est pas la même, il y a beaucoup moins de place pour la musique « underground ». C’est pas ce que les gens iront chercher d’eux mêmes. Alors qu’en Angleterre s’est complètement l’inverse. Il y a un peu moins de choses « mainstream » et il y a une énorme scène club. Du coup je pense que c’est ça qu’ils les ont attiré, le côté alternatif. Ils sont plus friands de ce style. J’aurais peut être pas eu le même impact si j’avais signé chez un label français. J’ai une bonne accroche en Angleterre, ça me permet d’avoir les bons contacts ici en France et de trouver une exposition plus adaptée à ce que je fais. J’ai essayé les deux, au départ, mais c’est eux qui m’ont alpagué les premiers. Je n’ai pas cherché à ce que ça se passe comme ça. Mais c’est parfait, si c’est arrivé comme ça, c’est que ça devait se passer comme ça.

Suite à notre rencontre avec Sara, nous avons pu assister à son live sur la scène du 22. Nous nous attendions à une scénographie, peut être, plus élaborée mais nous n’avons pas été déçues. La voix de Sarasara nous a envouté et nous avons senti toute l’envie d’aller plus loin visuellement sur scène. Nous suivrons donc ce beau projet de très prêt !


Son premier album « Amor Fati  »  sorti en Décembre 2016 est disponible à l’écoute par ici >> https://open.spotify.com/artist/3ajzBk975LeuMcAtzP42gK
Elle est annoncée, cet été, en outre, au Great Escape et Glastonbury.

Lucie et Marie