C’est une chaude matinée d’un hiver doux, j’ai rendez-vous avec Sir Jean et deux membres de NMB Afrobeat Experience. Ils m’attendent à la terrasse d’un bar, le soleil brille mais je prétexte le vent afin de pouvoir enregistrer ce qu’ils ont à me dire. On se retrouve donc à l’interieur, on se croirait en hiver. Sir Jean donc, ainsi que Léo et Nicolas, ténor sax et guitariste du groupe, en face de moi.

Le groupe est sorti de studio il y a quelques mois, vient de tourner un clip et sortira son bébé d’album dans quelques mois. On va donc essayer de parler de tout ça.
C’est quoi, d’abord, Sir Jean et NMB Afrobeat Experience ? C’est la rencontre provoquée par le groupe de brass band New Orleans nommé NMB avec Sir Jean. NMB a tenté Sir Jean (qui, rappelons-le, vient entre autre du Peuple de l’Herbe, Meï Teï Shô…) pour chanter sur un style qui les passionne tous, l’Afrobeat. Il y a deux ans, Sir Jean signait le morceaux « Collective Madness » sur l’album précedant du groupe, « Democrazy ».

S’en suivit une tournée où le chanteur remplacerait Kady Diarra. Sir Jean, qui ne pensait faire de cette nouvelle expérience qu’une histoire éphemère, tombe alors passionément amoureux des musiciens de la formation : « On a créé une osmose entre nous. Sur scène, on se retrouve comme une bande de potes qui jouent depuis vingt ans ensemble. Il y a cette symbiose qui s’est faite naturellement […] Je suis arrivé dans une bonne bande de pote, et moi cerise sur le gâteau ai été super bien acceuilli. C’est pas vraiment ce que j’avais programmé, de jouer plus longtemps avec eux, mais on peut pas laisser passer ce genre d’occasion comme ça. Et le résultat, c’est cet album « Permanent War ». J’en suis super fier au final, ça me touche. »

Permanent War sortira donc le 29 avril prochain, avec une release party au Marché Gare, à Lyon, qui sera donc l’occasion de voir, d’écouter et de ressentir ce que le groupe a de nouveau à nous offrir. Car « Permanent War », c’est quoi ? C’est la voix d’un groupe qui constate son univers en guerre permanente. La guerre que certains imposent à des peuples qui la subissent : « Ca fait du bien de le dire, C’est un engagement politique fait à notre manière […] Nous sommes des humains qui se préoccupent de l’état du monde, et c’est l’humain qui nous intéresse, la manière de vivre ensemble, la fraternité… »

Mais ce n’est pas que le constat d’un monde qui se bat avec lui même qui est mis en avant par le groupe. L’album veux interroger, provoquer et mettre en avant l’humain pour qu’il change lui-même ce monde vers un avenir meilleur :  » On veut s’émanciper de la case dans laquelle on essaie de nous ranger. Nous, on veut encourager à changer cette vision-là. Si on veut changer le monde de guerre permanente qu’on dépeint, et bien c’est l’humain qui doit se lever et faire changer les choses. C’est un état d’esprit et c’est plutôt positif je trouve […) La musique est enjouée, elle fait appelle au corps, elle est faite pour danser. »
Pour exprimer cette idée, ils me parlent de leur morceau « Hunted » qui raconte, d’après ce que j’ai compris, l’histoire d’un homme capturé par d’autres, devant prouver à ses contradicteurs qu’il est un humain face à un univers qui veut sans cesse l’exploiter.

Le groupe décrit son album comme un tout nouveau projet défendant une nouvelle musique. Nouvelle musique, nouvel album donc. Le groupe part fleur au fusil clamer leur nouvelle envie musicale. Dabord des videos diffusées au jour le jour pendant leur enregistrement en studio (à retrouver sur leur chaîne Youtube). Puis un teaser (ci-dessous), annonçant l’album prochain, « Hunted » en fond pour les pressés. Et enfin un clip.
Le clip « Permanent War » oppose deux sortes de confrontation : la guerre et le ring de boxe. Il met en exergue que la boxe, elle, est un art martial régi par un arbitre.

Hugo Chetelat, co-réalisateur du clip nous en touche quelques mots :
« La chanson « Permanent War » parle de la guerre perpetuelle dans laquelle on baigne depuis que l’on est nés. La guerre et la boxe se rapprochent sur l’idée de confrontation, de combat et de violence. Cependant, à la différence de la guerre, la boxe est un sport où il y a un grand respect entre les adversaires. Il était important pour nous de mélanger les deux. On aimait bien ce décalage. »

Hugo et Thibault Maurel de Maillé, les deux réalisateurs, avaient proposé différents script au groupe qui a donc opté pour ce dernier, laissant entièrement carte blanche aux vidéastes. « Ils ont carrément été bottés » me rapporte Hugo.

Pas mal d’éléments qui devraient nous mettre l’eau à la bouche pour les découvrir le 22 avril prochain au Marché Gare. Le groupe n’attend plus que ça : jouer.

One for All…

Lois EME