Mercredi, à Lyon, il fait froid et gris, le résultat des élections américaines vient de tomber (une bonne couche de morosité en plus!), on va passer un « bad bad daaaay ». Mais que nenni !!! Ce soir, par chance, les talentueux Théo Lawrence & the Hearts sont de passage au Ninkasi Café. Leur musique, chaleureuse et pleine d’amour, va rendre cette fin de journée quelque peu plus belle qu’elle n’y paraissait.
Leur venue, à Lyon, est l’occasion pour moi de découvrir un peu plus le groupe, leur univers, leurs projets.
Je les retrouve tous les cinq autour d’une table du Ninkasi, une bière à la main (mood Ninkasi oblige!). Un peu stressée, car il faut le dire, c’est ma toute première interview musicale. J’ai pas non plus choisi la facilité : cinq garçons face à moi, légèrement impressionnée, je suis en plus de ça un peu (complètement !) fan de leur musique, de leur style. Heureusement, je suis venue avec mon acolyte Lois, qui a déjà du vécu dans le domaine, ce qui me permet d’être un peu plus sereine. Finalement, l’accueil des garçons est très sympathique et chaleureuse. Détendue, l’interview peut commencer.
La dernière fois (et première fois!) qu’on vous a vus, c’était au Printemps de Bourges, j’imagine que depuis le groupe a évolué ?
Théo – En fait, les Inouïs du Printemps de Bourges c’était notre troisième concert en tant que Théo Lawrence & the Hearts. Avant, le groupe n’existait pas vraiment, c’était un groupe de garage. Avec Olivier (le bassiste), ça fait six ans qu’on joue ensemble, Louis Marin (le guitariste) et Thibault (le batteur) on s’est rencontré en faisant de la musique, par le biais d’autres groupes. Nevil, lui, est arrivé en dernier, il y a trois mois. Donc les étapes importantes depuis les Inouis, c’est l’arrivée de Nevil, et la tournée et l’Ep.
Donc, il y avait pas vraiment d’avant Bourges ?
Théo – C’était le début du groupe. L’avant, c’était juste nous qui écrivions les chansons. On a quand même commencé à jouer ensemble l’année d’avant pour se rôder.Olivier – Mais on est resté en mode sous marin.Théo – Avant, on avait pas non plus de tourneur, maintenant on a Caramba, du coup on a commencé à tourner en dehors de Paris. Puis on a aussi rencontré notre attachée de presse, qui a donné une visibilité au groupe, ce qui a permis d’avoir une exposition médiatique. Ça nous a permis de faire Rock en Seine aussi. Même si on est complètement indépendant, on est associé à personne d’autre que Caramba, ça nous a permis de nous faire pleins de contacts dans le milieu.
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Vu que vous ne vous connaissiez pas, comment vous êtes arrivés à vous dire qu’ensemble vous pourriez monter ce projet, sans avoir au préalable réellement joué ensemble ?

Théo : il fallait trouver des gens disponibles, qui comprennent parfaitement la musique qu’on faisait, plus des gens sympas avec qui on peut devenir meilleur ami, sinon ça le fait pas. Vu comme ça, c’est très décourageant, ça à l’air impossible. Enfin moi je me disais que c’était pas possible. On voulait que ça commence, que ça se passe tout de suite. Toutes ces conditions fois trois, vu qu’on était juste tous les deux au début (Théo et Olivier), ça paraissait mort.

Mais au final ça a marché vous vous êtes tous trouvés ! Pouvoir de la musique !! Théo et Olivier étaient tous les deux dans un autre groupe, Thibault, Louis-Marin et Nevil vous étiez aussi dans d’autres projets ?

Théo – Oui, avec Olivier on a quitté notre groupe pour faire celui-ci. Thibaut je pensais qu’il allait pas dire oui..

Thibault – J’étais dans un autre groupe un peu plus abouti, enfin, en terme de carrière, c’est pour ça qu’il pensait que j’allais pas accepter mais en fait, que nenni !!

Théo – On pensait qu’il était trop occupé !

Olivier – C’est vrai que j’étais un peu impressionné par Thibault, avec son look de viking !

Théo – J’étais impressionné aussi par Louis Marin, par son jeu de guitare. Mais Louis Marin, il… Je te laisse expliquer!

Louis Marin – Je jouais dans d’autres groupes, et j’avais du temps du coup… En fait on se retrouve facilement avec des goûts en commun donc très vite c’est pas un hasard si on se retrouve, si on s’aime tous, si on apprécie comment chacun d’entre nous joue. On va écouter des groupes, on aime tel ou tel musicien qui joue dedans, ses influences, naturellement on va le voir, on a envie de lui parler et effectivement si la relation se maintient, d’aller jouer avec.

Théo – le plus flippant au final, c’était de trouver le clavieriste. Le groupe était déjà lancé alors qu’avant on ne l’était pas. On le cherchait en cours de route, alors qu’on devait faire Rock en Seine, qu’on voulait enregistrer notre Ep. J’avais vraiment peur !

Ça a l’air de s’être bien passé, finalement ! Au niveau du public, j’imagine qu’il y a aussi du changement depuis que vous êtes sorti de votre « sous-sol » ?

Théo – Avant, on avait pas de public, ou un public très restreint qui suivait les différents projets des uns et des autres. Maintenant depuis qu’on a sorti nos titres et qu’on fait des concerts, on a un vrai public. On travaille à ça, on sait que c’est le nerf de la guerre ! Après, je m’amuse à regarder les statistiques, quelle classe d’âge, quel genre… Ça touche tout le monde. Pas beaucoup de monde pour l’instant mais au moins c’est assez agréable de se rendre compte que ça plaît autant à des jeunes que des trentenaires voir des personnes plus âgées qui retrouvent dans notre musique des références passées. Ça nous prouve que ce genre de musique peut aussi plaire aux générations plus jeunes. C’est la sensation qu’on avait. Que c’est pas quelque chose qui se cantonnait au passé.

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Votre nouvel et premier Ep « Sticky Icky » sort bientôt, comment est ce qu’il s’est construit ?

Théo – Dans ce nouvel Ep, il y avait une envie de faire vraiment quelque chose de beaucoup plus personnel. Par rapport aux deux premiers titres qui étaient plus respectueux des traditions. Dans la composition, on a décidé de faire quelque chose de plus tordu. Ça été enregistré de manière old school, c’est toujours du live, c’est organique, il y a pas de machines.

Olivier – C’est tout sur bandes.

Théo – Voilà, ça été enregistré en deux jours, tout a été très spontané. Tous les nouveaux titres ont été composés récemment. Ce qui montre bien le point où on en est aujourd’hui.

Il y a actuellement un, des cinq titres, disponible sur Internet : ce titre est comme Théo le disait tout à l’heure, différent musicalement suite à votre envie de proposer quelque chose de plus personnel. Mais on va quand même retrouver de l’amour dans le prochain EP ?

Louis-Marin – Vous allez en trouver aussi. Quand vous aurez l’Ep vous en retrouverez ! Une grosse dose d’amour assez sensible à « Heaven to me » mais en plus peaufiné ! L’Ep n’est pas dénué d’amour! Il faut s’attendre à en avoir.

Théo – Enfaite « Sticky Icky » parle d’amour… d’amour de… d’amour de l’agriculture!! « Ali » la deuxième chanson, c’est l’amour de Mohamed Ali. Enfin c’est l’histoire d’un fan de Mohamed Ali qui est complètement accablé par les « troubles and tribulations » de la vie et qui se retourne vers son idole pour avoir la force de vaincre ce monde de merde. « Good for nothing », c’est sur la maladresse. « Made to last », morceau d’amour pur et dur, un peu dans le même esprit que « Heaven to me ». Et « Heavenly Dog », c’est une petite fille qui a perdu son chien et qui se rappelle de lui.

Une question pas très originale, mais on veut savoir ! Pourquoi Théo Lawrence & the Hearts ? Par rapport à l’amour que vous voulez exprimer sur cet Ep ?

Théo – Ce que j’aime beaucoup dans la soul sudiste des années 60 ans, qui est un peu une des grandes influences du groupe, c’est la manière des chanteurs, des chanteuses de parler d’amour. Elle est très simple, elle est pas sophistiquée, pas comme à la française où c’est prise de tête. Elle est très intense, ils vont à l’essentiel. Donc le nom, je voulais qu’il reflette ça aussi, je voulais que ce soit aussi simple que les chansons de ces artistes-là. Et ça convenait à tout le monde et tout le monde s’est reconnu dedans donc ça semblait couler de source.

Olivier – Comme Théo compose pas mal de trucs et, que nous, on arrange quand même derrière, je trouvais ça pertinent de s’appeler Théo Lawrence & the Hearts parce qu’il y a quand même Théo qui est bien au milieu, mais c’est quand même un groupe, l’air de rien.

On aurait voulu encore discuter avec eux, de ci et ça (???) mais à une heure de monter sur scène, il est l’heure pour Théo Lawrence & the Hearts d’aller se remplir la panse de « Cheese on fire », « Ave Cesaria Bagel », frites maison et cheesecake. De notre côté, nous attendons avec impatience le début du concert. Et sans surprise, ce fut un moment plein de douceur, de bonnes ondes et d’Amour ! Merci Théo Lawrence & the Hearts. A très vite !

Marie PUPIER