Nous retrouvons Voyov, Inouïs du Printemps de Bourges 2017 au bord de l’eau, installés au SOLEIL ,OUI il faisait beau, (beaucoup trop rarissime pour ne pas être souligné!!!).
Notre entretien sera bref, Voyov jouant d’ici moins d’une heure sur la scène du 22.

Une grande partie de tes travaux visuels, que ce soient les photos ou les clips, sont réalisés par Tamara Seilman, pourquoi ?

Je travaille toujours avec elle. J’aime beaucoup son travail, je trouve ça vraiment chouette. Elle partage ma vie donc c’est plus facile. Il y a quelque chose qui se fait très naturellement. C’est la première à écouter mes morceaux, elle a des images qui viennent très rapidement dans sa tête. Elle voit vraiment la démarche qui est faite.

Est ce que tu attaches beaucoup d’importance à tes visuels, au même titre qu’à ta musique ?

Oui carrément. Déjà le nom « Voyov », le fait que ça soit un palindrome. Il y a une vraie volonté graphique et esthétique. J’ai fait pas mal de groupe avant dans lesquels on s’est beaucoup cherché visuellement, on se concentrait beaucoup plus sur la musique. Et en fait, tu te rends vite compte que c’est super important. Et puis, c’est quelque chose qui me parle parce que je me positionne beaucoup dans des décors, des endroits quand j’écris des morceaux. Et je pense aussi que pour une bonne compréhension du projet, il faut que les gens aient accès à toutes ces images visuelles que j’ai dans la tête quand j’écris.

Est ce que c’est une volonté de ta part de cultiver cette image mélancolique que tu as à travers tes images, tes chansons ?

Oui carrément. L’image mélancolique, je sais pas trop en fait, je me contente de me placer avec ce que j’imagine et ce que je vois. Puis après si ça veut dire que mes morceaux sont mélancoliques j’imagine que ce j’ai dans la tête est mélancolique. C’est vrai que ça se retranscrit vachement dans les images, sur la pochette de l’Ep par exemple, c’est vrai qu’il y a un côté très mélancolique. Ça pour le coup, c’est un dessin que j’ai fait et que j’ai retravaillé par la suite avec un ami à moi, qui est dessinateur et voilà lui il est aussi aller chercher ce qu’il y avait dans mon projet. Du coup, oui je pense qu’il y a peut être un peu de mélancolie dans mon projet.

Tu as l’air t’avoir ton monde à toi, tu as un peu cette image là, d’après ce qu’on a pu lire et entendre : de comète, quelqu’un qui est sur sa planète ! Est ce que tu es d’accord avec ça ?

Je pense que je suis vachement dans la lune et assez distrait. J’arrive facilement à me mettre dans ma bulle et à ne laisser personne y rentrer. Et je pense que sur scène, il y a un peu ce truc là, j’ai l’impression d’être dans ma chambre avec mes petits instruments de musique, avec mes chansons, avec mon ordinateur, à faire mes petites bidouilles. J’ai besoin aussi de ramener sur scène ces choses là qui font que ça me met en confiance, de sentir que je suis dans mon petit cocon pour pouvoir après donner ça aux gens.

Tu fais parti de la scène Nantaise, tu as fait parti de » Pégase », » Rhum for Pauline », Qu’est ce que tu penses de la scène nantaise ?

La scène nantaise, c’est quand même une petite ville avec énormément de musiciens. On se croise tous. On a quand même nos familles. Je t’avoue que toute la famille autour de « Minitel rose », de « Pégase » et de « Elephanz » avec qui j’ai joué aussi c’est encore une autre famille de gens différents. Il y a des petites familles mais c’est que des gens qui se connaissent, un espèce de petit quartier où chacun fait son style de musique.

C’est pas trop dur ?

Ça peut paraître être dur. Mais on est quand même vachement bien accompagnés dans cette ville avec Trempolino, Stéreolux qui sont des supers moyens pour les artistes. Au delà de ça, le fait qu’on soit toujours en contact les uns avec les autres ça fait qu’on s’apporte beaucoup de chose. On est pas du tout dans de la rivalité, par exemple les Inouïs j’étais avec un gars avec qui j’ai joué dans deux autres groupes et on sait jamais sentis en compétition l’un envers l’autre. On se fait écouter nos morceaux avant qu’ils sortent, on se montrent nos clips, on bossent les uns avec les autres donc c’est cool. Dès qu’il y a un nouveau projet qui arrive en ville, il y a cet espèce de petit challenge de se dire qu’il va falloir être bon pour pouvoir être à la hauteur des copains qui font de la musique.

 

Qu’est ce qui t’as donné envie de t’échapper un peu de tous ces groupes auxquels tu faisais parti pour monter ton propre projet ?

Ça fait très très longtemps que je compose des trucs dans mon coin. J’osais pas trop monter sur scène avec ou même les mettre sur internet parce que je me sentais pas vraiment prêt. J’avais encore beaucoup de chose à apprendre du métier de musicien et de la vie de tournée, de toutes ces choses là. Après avoir fait une petit dizaine d’années avec tous ces groupes je me suis senti prêt à défendre mon projet à moi. J’ai regardé un peu les autres faire, je suis un copieur quoi (rires!). Non mais ça m’a vachement donné confiance d’être le musicien derrière, à regarder tout ce qui se passe, à voir comment Raphaël (« Pégase ») ou des mecs comme John et Max (« Eléphanz »), qui sont les leaders des projets, comment eux ils vivaient le fait d’être devant, à l’affiche, de faire des interviews, prendre des photos, faire des clips. Toutes ces décisions que tu as à apprendre, qui sont pas innées, je pense. Tu as besoin de voir comment ça se passe, c’est un peu comme si j’avais été salarié dans une boîte et que je m’étais échappé pour monter ma propre boîte.

Belle image!
Cela fait combien de temps que tu as lancé réellement ce projet ?

Depuis septembre, j’ai lancé un clip il y a un an et on est parti avec Tamara pendant trois mois au Canada, où là du coup j’ai passé pas mal de temps à composer des trucs, aussi loin des copains qui passent leur temps à te donner leur avis. Des moments, tu as besoin aussi de t’écarter et de pouvoir avoir juste ton avis à toi sur ce que tu fais. On est rentré en Septembre du coup j’ai fait mon premier concert à ce moment là. 

Nous retrouvons « Voyov » sur scène quelques minutes plus tard. Nous ne sommes pas déçues du voyage. « Voyov » nous emporte tout au long du live dans son univers, sur une autre planète !