Le mardi soir à l’Ayers Boat c’est soirée rock, une date par semaine dédiée à la musique live et qui se distingue de la programmation habituelle de la péniche. Ce mardi 6 décembre, ce sont les Wallace Vanborn, un trio de rock de Gent en Belgique, que je rencontre.

Nous nous retrouvons dans les loges du bateau, malgré le froid qui règne, la discussion se lance dans un joyeux mélange de français approximatif et d’anglais, je rencontre Ian Clement le guitariste et chanteur, Sylvestre Vanborn le batteur, et Dries Hoof le bassiste.

C’est leur toute première fois à Lyon et la première date de leur petite tournée qui s’échelonne sur le mois de décembre.

Frédérique : Depuis combien de temps jouez-vous tous les trois ?

Ian : Une dizaine d’années. Mais ça fait 7 ans depuis le premier album en 2009. 7 ans officiellement et 10, 11 ans en tout. Au début on faisait des démos et nous cherchions un peu notre son, ce que l’on voulait faire.

F : Comment le groupe s’est fondé, qu’est-ce qui vous a amené à jouer ensemble ?

Sylvestre : Nous sommes des amis d’enfance. On avait tous des potes en commun et Dries et moi on est allés à l’école ensemble.

I : On s’est trouvé un intérêt commun pour la musique et le stoner rock plus particulièrement. On faisait des trucs plus pop et légers et on a voulu faire autre chose ensemble.

S : On était tous fans de Trigger Finger (groupe belge)

F : Donc vous vous reconnaissez dans l’appellation de stoner rock ?

I : Oui, si on doit se coller une étiquette.

F : Je ne sais pas ce que vous en pensez mais je trouve qu’il y a de plus en plus de genres et des sous-genre pour définir la musique de nos jours. On peut désormais lire une description pour un concert qui s’étale sur cinq lignes sans savoir ce que l’on va voir au bout du compte !

S : Le plus il y a des genres le mieux c’est !

Dries : Maintenant les descriptions sont de plus en plus farfelues, du genre «c’est comme du sable mais éclairé par des néons de couleur ». C’est devenu tellement abstrait et en même temps c’est peut être plus parlant comme ça.

F : Du sable ?

I : Tu vois quand tu reviens de la plage et que tu as du sable coincé dans ta chaussure ? Et bien notre son c’est ça ! (Haha)

F : Alors comment vous pourriez décrire votre son pour des gens qui n’ont jamais entendu votre musique ?

D : Du sable ! Avec des néons !

S : Je dirai du heavy rock. Si on dit stoner rock les gens s’attendent à quelques chose d’un peu plus blues et ce n’est pas vraiment ce que nous faisons.

D : On fait de la musique pour les musiciens en quelque sorte.

I : Mais c’est dansant, ça groove. Attention, c’est du heavy et non pas du hard rock. Mais oui groovy c’est le mot clef… euh, tu as compris quelque chose à notre charabia ?

F : Mmh, je crois ! Parlez moi un peu de votre dernier album ?

S : On est allés dans le désert  (encore du sable !) pour l’enregistrer avec Chris Goss, le parrain du stoner rock. C’était une sacrée expérience !

F : Où ça ?

I : En Californie, au Rancho della Luna, où les Queens of the Stone Age et les Arctic Monkeys ont enregistré, entre autres.

S : C’est une petite maison et à la fois un studio d’enregistrement. Il y a une ambiance particulière là-bas.

F : Et pour cet album, The orb we absorb, qu’est ce qui vous a inspiré ? Qu’est ce que vous exprimez dedans ?

I : Beaucoup de frustration ma petite dame ! (Haha)

F : Dans des morceaux comme Wave Goodbye on sent presque de la colère, non ?

I : Oui on est des types très énervés, haha. Plus sérieusement je crois que j’avais effectivement de la colère mais qui est partie en écrivant/composant ces titres. J’ai laissé tout ça, la colère et la frustration dans le désert.

S : Sur cet album l’enregistrement s’est déroulé très différemment du précédent.  On jouait comme si nous étions en répétition et beaucoup des titres ont été fait en une prise. C’est du brut, c’est au plus proche de ce que l’on est.

F : Qu’est ce que l’on peut attendre de vous prochainement, avec Wallace Vanborn ?

S : On a notre show final pour cet album chez nous à Gent et pas mal d’autres groupes vont se joindre à nous sur scène, comme les membres de Last Train. Ensuite on a un demi-album de prêt.

I :  Oui on a commencé à expérimenter un peu avec de nouvelles sonorités. On sait déjà qui va le produire et où on va l’enregistrer… mais c’est un secret pour l’instant !

F : Et sur d’autres projets ?

I : J’ai un projet solo sous mon vrai nom, Ian Clement. J’ai enregistré mon deuxième album qui va sortir début 2017.

S : On joue aussi dans un groupe hippie métal qui s’appelle Future Old People Are Wizards (littéralement : les futurs vieux sont des sorciers).

D : Ian et moi avons plein de projets à deux mais qui ne sont pas encore sortis.

I : Mais en gros, on adore travailler ensemble !

F : Quels artistes vous inspirent ?

D : On aime de tout !

I : On aime tout ce qui groove ! Que ce soit des années 60, 70… On aime aussi des trucs plus hip hop : Earl Sweatshirt, Odd Future…

S : Oui, vraiment de tout : Serge Gainsbourg, Sinatra… Et Turzi, c’est français, de la musique électronique.

F : Et ce nom, Wallace Vanborn, ça vient d’où ?

S : À la base c’était juste Wallace, mais il y avait déjà d’autres groupes avec ce nom là.

I : J’ai pensé qu’on pouvait y ajouter le nom de famille de Sylvestre, comme Mick Fleetwood de Fleetwood Mac. Bon, on y a pas réfléchi très longtemps et trois albums plus tard on est restés coincés avec Wallace Vanborn.

S : On est fans du personnage de Marcellus Wallace de Pulp Fiction

D : Le stéréotype du dur à cuire… qui finit pas en très bonne posture !

Frédérique Aubert